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La fin d’une vie, celle de ma sœur que j’aime tant !

La fin d’une vie, celle de ma sœur que j’aime tant ! - Martine Lemieux

Ce matin, je suis vraiment très bouleversée. Ma sœur nous a écrit une lettre extrêmement touchante. Je ressens le besoin de la partager avec vous.

Ça y est, je vais bientôt m’en aller.  Je trouve cela quand même difficile de savoir que je ne pourrai plus parler avec mes proches, jouer avec mes petits-enfants, sentir le parfum des fleurs et goûter à tous les autres plaisirs de la vie.  Je dois m’éteindre, car après tout, chacun doit passer par là.  Ma vie a été bien remplie et je n’ai pas de regret.  Je suis heureuse avec ce que j’ai accompli et je peux dire que je n’ai manqué de rien.

Mais voilà, le cancer est en train de se propager. J'ai de plus en plus de taches brunes sur la peau. De plus, c’est douloureux, mais je ne me plains pas.  Je meurs, non pas parce que je n’avais pas d'assurance-vie ou de l’assurance-maladie adéquate.  Je meurs vraiment parce que la maladie n’est pas guérissable.  J’ai souffert assez, de toute façon.  Après deux rechutes et des mois de chimiothérapie et de radiothérapie, j’en ai eu mon quota.  Je veux me laisser aller et voir mon mari qui, lui, est déjà parti.  Il n’a pas souffert comme moi.  Un accident de moto l’a tué très rapidement.  Il parait que c’était de sa faute à lui, et non celle du conducteur du camion.  Mais, mon mari étant déjà mort, il ne pouvait pas se défendre.  Je sais qu’il était prudent en conduisant, mais c’est vrai qu’une faute d’inattention est possible.

Ma famille est autour de moi présentement.  Tout le monde est ici aujourd’hui, car c’est samedi.  Il n’y a pas d’école, ni de travail.  Mes enfants et leurs enfants jasent entre eux.  Ils ne me parlent pas beaucoup, car je ne peux plus répondre.  Ma voix est trop faible.  Par contre, même si je ne peux pas participer à la discussion, je suis heureuse de les voir. Leur énergie me fait du bien.  J’aime avoir de la visite.  Ça me distrait.  C’est bien d’avoir un téléviseur dans les chambres d’hôpital, mais je ne peux pas le voir, car mes yeux sont devenus trop faibles.  Alors, avoir du monde dans ma chambre, ça me change les idées.  C’est rafraîchissant.

En plus, ça me donne la chance de leur dire au revoir comme il faut.  Je veux tous leur parler un peu aujourd’hui, même si ça s’avère être très difficile.  Ça va me demander beaucoup d’efforts, mais ce n’est pas grave.  Je suis prête à partir, alors si j’abuse et je vide mon énergie, je l’accepte volontiers.  Et eux, ils sont prêts à me voir partir aussi.  Ils m’ont chacun déjà dit que c’était le temps d’y aller, que je n’avais pas besoin de m’accrocher à la vie.  Alors, je leur dirai au revoir aujourd’hui, pour pouvoir m’en aller bientôt.

Merci de m’avoir lu. De vous savoir là m’aide vraiment à passer à travers cette difficile épreuve.

À propos de l’auteur :

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Passionnée de mode depuis ma plus tendre enfance (je chipais les magazine de ma mère), j’ai maintenant une carrière dans le monde du vêtement. En effet, je gère une superbe boutique de vêtements branchés à Québec et j’agis aussi – à temps partiel – comme styliste personnelle. Mais en plus de cette passion vestimentaire : j’adore écrire! C’est pourquoi j’ai décidé de me créer un blogue et d’écrire sur mes passions et mes réflexions au quotidien. J’espère que vous apprécierez! À bientôt!