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Le commerce de ma tante

Le commerce de ma tante - Martine Lemieux

J’avais une tante qui était devenue en prenant de l’âge, une personne particulièrement et résolument, acharné à n’acheter que du bio. Elle avait pendant ses temps libres, la possibilité d’aller dans toutes les conférences possibles et imaginables, pour contrer, ou défendre les différents systèmes de l’agroalimentaire. Elle se sentait particulièrement concernée sur tout ce qui touchait les pesticides, les produits chimiques, ainsi que les OGM. Elle partait à l’extérieur de Montréal, dès qu’elle pouvait planter quelques fruits et légumes, pour revenir en nous racontant pendant des heures, que c’était le fruit de son labeur et de la terre, et non celui des produits chimiques. Lorsqu’elle prenait sa retraite, elle décidait de s’installer un peu plus loin dans l’ouest, où elle achetait un dépanneur, pour ne vendre que des légumes et des fruits frais, venant des terres avoisinantes, ainsi que quelques produits locaux, comme des confitures et des produits laitiers. Son magasin était particulièrement bien placé, près d’un lac, dans un coin où beaucoup de personnes louaient des chalets à l’année. La seule entrave qu’elle avait accepté de faire, c’était d’acheter une machine à glace. Personne n’avait encore pensé à créer des glaces bios.

Lorsque je suis allée passer un week-end chez elle, je la voyais se lever à quatre heures du matin, pour aller ouvrir son magasin à cinq heures, afin de recevoir les récoltes des paysans. Elle entassait sur ses étals, toutes leurs productions. Elle n’ouvrait véritablement que vers sept heures. Certaines personnes avaient pris goût au vrai lait de vache à quoi, je disais beurk à chaque fois qu’elle m’en tendait. Une fois, un orage éclata très tôt le matin, provoquant un court-circuit dans son magasin, qui resta sans électricité pendant toute la journée. La chaleur était tellement élevée, qu’elle sentait qu’elle allait perdre tout ce qu’il y avait sur les étals comme dans les armoires frigorifiques. S’il y a bien une chose de sûre, c’est que les fruits et les légumes frais ne sont vraiment pas faits pour subir la chaleur. Les produits laitiers encore moins. Elle offrait tout ce qu’elle pouvait aux divers clients habituels qu’elle appelait au téléphone, puis elle prenait quelques documents de son conseiller financier, et appelait un assureur pour venir au plus vite faire le constat. Trois jours plus tard, elle recevait un chèque. Elle reprenait son affaire tranquillement, et continua jusqu’à ce que la terre nous la reprenne.

À propos de l’auteur :

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Passionnée de mode depuis ma plus tendre enfance (je chipais les magazine de ma mère), j’ai maintenant une carrière dans le monde du vêtement. En effet, je gère une superbe boutique de vêtements branchés à Québec et j’agis aussi – à temps partiel – comme styliste personnelle. Mais en plus de cette passion vestimentaire : j’adore écrire! C’est pourquoi j’ai décidé de me créer un blogue et d’écrire sur mes passions et mes réflexions au quotidien. J’espère que vous apprécierez! À bientôt!